Les HAKKAS, ou KEJIA REN

Publié le par mimi

Comme vous le savez, RongRong est Chinoise. Mais, elle n'est pas n’importe quelle Chinoise, c'est une HAKKA !


Qu'est-ce que c'est donc que cette bête-là, un HAKKA ?

Quelques éléments de réponse dans cet article.


Attention les fainéants, c’est du lourd, y a 1700 mots ! !

 

Tout d’abord, ils parlent quelle langue ?

LE HAKKA

Le hakka (sinogrammes simplifiés : 客家话 ; sinogrammes traditionnels : 客家話 ; hanyu pinyin : Kèjiā huà), est une langue chinoise parlée principalement dans le sud de la Chine et à Taiwan par un sous-groupe de Chinois Han appelés Hakkas (客家) ou « familles visiteuses ». Il en existe plusieurs dialectes ; celui de la région de Meixian (梅縣, Moi-yan en hakka), située dans le nord du Guangdong, est souvent présenté comme référence.

Je connais celui parlé par Rong Rong, et je peux vous dire que c'est aussi éloigné du Mandarin que le Danois peut l'être du Français !! (exemple : je ne veux pas manger se dit en mandarin bu yao che, en kejia hua cela donne m'oy si)

Elle est également nommée kejia (ou encore kejiaren).

 

LES HAKKAS

Les Hakkas 客家人 (hakka : hak-ga-ngin ; mandarin : kèjīarén) ou « familles invitées » sont des Chinois Han vivant dans le sud de la Chine, qui se considèrent comme les lointains descendants de réfugiés originaires des provinces du Henan, du Shanxi et du nord du Hubei. Chassés en vagues successives à partir du IIIe siècle par les guerres accompagnant les changements dynastiques dans la région environnant les anciennes capitales de Luoyang et Chang'an, les ancêtres des Hakkas auraient fini par s'installer, après une migration interrompue de haltes, dans une zone située à la rencontre des provinces de Guangdong, Fujian, Jiangxi et Guangxi , où ils reçurent leur nom actuel. Il existe également des habitats hakkas dans le Hunan, le Guizhou, le Guangxi et le Sichuan. Constamment à la recherche de meilleures terres, certains sont repartis pour Hainan et Taiwan ou l'une des nombreuses enclaves chinoises à travers le monde. Ils constituent, par exemple, la majorité de la population d'origine chinoise des départements et territoires français d'Outre-mer, comme Tahiti ou l'île de la Réunion.

Toujours légèrement en arrière par rapport au mouvement général d'expansion des Han vers le sud, ils ont souvent dû se contenter des moins bonnes terres, ce qui a déterminé un certain nombre de leurs caractéristiques culturelles, comme la frugalité et l'ardeur au travail. Avec peu de perspectives de prospérité d'origine terrienne, les hommes hakka se tournaient plus souvent que les autres vers la carrière militaire, le commerce itinérant ou les études en vue d'un poste de mandarin, laissant aux femmes une grande partie des travaux de la terre. Très présents dans l'armée, l'administration et plus éduqués en moyenne, les Hakkas ont eu une influence significative sur l'histoire chinoise à laquelle ils ont donné de nombreux leaders politiques et révolutionnaires. Les femmes hakka n'avaient presque jamais les pieds bandés.

On considère que le premier déplacement de population vers le sud depuis le Zhongyuan (plaine centrale), centre géopolitique de la Chine ancienne s'étendant autour du bassin moyen et inférieur du Fleuve jaune, s'est produit peu après la chute de l'empire Han, entre le milieu du IIIe siècle et le milieu du Ve siècle. D'autres suivirent à la chute de presque chaque dynastie importante : fin des Tang (Xe siècle), chute des Song du Nord (XIIe siècle) puis des Song du Sud (fin du XIIIe siècle, enfin chute des Ming (XVIIe siècle).

Les deux premières vagues sont particulièrement importantes pour la définition de l'identité hakka qui implique souvent, avant même l'usage du dialecte, la prétention - pas toujours vérifiable - de remonter à un ancêtre qui quitta le Nord entre le IIIe et le Xe siècle. Le folklore oral de l'émigration hakka les fait partir lors de la période où « les cinq peuples barbares ont semé le trouble parmi les Chinois », soit au IIIe siècle. Cette date semble trop reculée à la plupart des chercheurs modernes qui envisagent plutôt un départ vers le sud entre la fin des Tang (Xe s.) et la fin des Ming (XVIIe s.). 

Néanmoins, certaines familles prétendent détenir des listes généalogiques remontant à un membre de l'aristocratie ou un fonctionnaire de la dynastie Han vivant au Henan ou au Shanxi. En effet, le mythe/souvenir de l'origine géographique s'accompagne souvent de celui d'une origine sociale jadis élevée, renforçant l'aspiration à une carrière publique.

Dans de nombreuses régions hakka, la salle centrale (salle du culte ancestral) des habitations porte au fronton le nom de la région d'origine . Il arrive qu'elle ne soit pas située dans la vallée du Fleuve jaune, comme dans le cas des familles Xu qui affichent Donghai dans le Jiangsu. Néanmoins, les intéressés considèrent qu'il s'agit d'une halte en chemin et qu'ils sont bien descendants d'ancêtres du Zhongyuan.


De nombreux aspects de la culture hakka, en particulier dans les domaines vestimentaire, religieux, social, familial et musical, témoignent indéniablement de l'influence de la culture Han de l'époque médiévale. 
Néanmoins, des recherches récentes semblent indiquer que ceux qui s'identifient comme Hakkas ne sont que partiellement issus d'ancêtres venus de la vallée du Fleuve jaune. Aux immigrants d'origine se sont joints des autochtones des régions traversées ou d'autres migrants, alors que certains quittaient le groupe pour se fondre au sein des populations locales. 
Dans la province de Guangdong, il arrive que des familles hakka et cantonaises partagent les mêmes ancêtres. Les recherches génétiques, cherchant à mettre en évidence des différences entre les Hans du nord et du sud de la Chine, ont montré que les Hakkas ne se distinguent pas à cet égard de l'ensemble des Hans du Sud. Comme la plupart d'entre eux, ils ont absorbé des membres d'autres peuples, comme les Yao ou les She qu'ils ont cotoyés.

La forme définitive du nom Hakka s'est fixée dans le sud de la Chine au XVIIe siècle seulement, même si l'habitude de nommer ha (mandarin : ke) les familles déplacées est attestée dès le IVe siècle. Le terme officiel était kehu, dont kejia serait la version orale. Utilisée par les populations d'implantation plus ancienne pour désigner les nouveaux venus, ces derniers l'auraient reprise à leur compte vers le milieu de la dynastie Qing. Certains font remonter la popularisation de ce terme au règne de l'empereur Kangxi (1652-1722), qui avait fait appel à des immigrants pour repeupler le littoral faisant face à l'île de Taiwan, évacué sous ses ordres dix ans auparavant pour couper les renforts à l'armée de Koxinga.

De fait de leur dialecte particulier, de leur habitat souvent montagneux , les Hakkas ont parfois été considérés comme des non Hans par les habitants des régions où ils s'installaient, confondus avec les ethnies qui partageaient les mêmes zones d'habitat et à qui ils ont d'ailleurs pu emprunter certains éléments . 
Au XIXe siècle, la discrimination dont ils faisaient l'objet de la part des locuteurs cantonais, leur image d'éternels immigrés à la recherche d'un point de chute, leur investissement dans les études faute de terres ont amené certains Occidentaux à établir un parallèle entre eux et les Juifs. 
Néanmoins, les Hakkas ont une culture fondamentalement Han et aucune spécificité religieuse qui les placerait à l'écart ; ils n'ont, de plus, jamais été persécutés, même s'ils ont dû se battre pour s'emparer de terres ou les conserver.


Outre le mythe de l'origine nordique, le fort sentiment d'identité des Hakkas repose sur l'expérience de communautés ayant dû lutter afin de se tailler un domaine dans des régions trop peuplées ou dans les zones montagneuses encore en friche. 
Cette situation imposait, outre la frugalité et l'ardeur au travail déjà évoquées, un sens encore plus aigu de la communauté que chez les autres Han, se reflétant dans différents domaines :

- Rites religieux : une place particulièrement importante est accordée au culte des ancêtres, les Hakkas n'ayant pas toujours à proximité un village où trouver un temple dédié à une divinité ; un culte est d'ailleurs rendu aux membres du clan morts dans les luttes ethniques dont témoignent, par exemple, les « temples des pionniers » de Taiwan.

- Architecture : Le plus remarquable exemple en est le tu lou du Fujian, habitat communautaire abritant de nombreuses familles, parfois un village entier. Il s'agissait de forts arrondis ou carrés disposant d'une entrée unique. Au rez-de chaussée se trouvaient les animaux ainsi qu'un puits ; les greniers et réserves d'armes se situaient au premier étage et les logements, les seuls à posséder des fenêtres, au deuxième avec la salle du culte des ancêtres. Certains sont encore habités de nos jours.

- Généalogie : la possession de listes généalogiques rappelant le rattachement à un ancêtre commun est assez répandue. 

L'investissement des hommes dans les carrières militaire et administrative ainsi que le rôle accru des femmes en l'absence de nombreux hommes partis à l'armée ou absorbés par les études ont été évoqués dans l'introduction. Vivant souvent sur les hauteurs où l'on cultive le thé, les Hakkas sont également connus pour leurs « chants de montagne » ou « chants de cueillette ».

Soixante pourcents des Hakkas de Chine populaire vivent dans la province de Guangdong, particulièrement les districts de Xingning et Meixian. Le district de Huizhou est le berceau de 95% des Hakkas d'Outre-mer. Le Guangxi est la deuxième province Hakka de Chine. Ils constituent 15% de la population de Taiwan, où se sont affrontés pour la possession des terres quatre groupes concurrents : les différents aborigènes, deux groupes rivaux de Han venus du Minnan et les Hakkas qui ont dû encore une fois se fixer près des zones montagneuses, en majorité dans les comtés de Hsinchu, Miaoli, Chongli et Taoyuan, dans le Nord, Kaohsiung (Meinong) et Pingtong dans le Sud. Une minorité s'est installée à l'Est dans les comtés de Hualian et Taitung.

En Chine populaire comme à Taiwan, de plus en plus de Hakkas habitent dans les grandes métropoles.

habitation traditionnelle Hakka
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les hakkas sont partout. Ici, la hakka de Monaco
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Moyen de transport traditionnel hakka
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mimi, qui sue sang et eau pour pomper des articles…


Source : wikipédia

Publié dans Culture

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