Poésie chinoise

Publié le par michel

La poésie chinoise, ici de l’époque Tang, a ceci de particulier que malgré une concision extrême elle peut exprimer beaucoup de choses, et faire rêver le lecteur (avec moi en tout cas ça marche).

 Je donne ici un exemple, assez adapté aux expatriés que nous sommes. C’est un poésie très connue en Chine, tous les écoliers l’apprennent (moi-même je la connais par cœur).  

Traduction française : 

Pensée dans une nuit tranquille, Li Bai 

Devant mon lit, la lune jette une clarté très vive ;
Je doute un moment si ce n'est point la gel
é
e blanche qui brille sur le sol.
Je l
ève la tê
te, je contemple la lune brillante ;
Je baisse la t
ête et je pense à mon pays.
 

 

l'analyse un commentateur chinois : 

« Li-taï-pé, dit-il, trouve moyen d'être ici tout à la fois d'une concision, d'une clarté et d'un naturel extrêmes, et c'est précisément parce qu'il est naturel, qu'il fait toujours entendre infiniment plus qu'il ne dit. La lune jette une clarté brillante devant son lit ; il doute un moment si ce n'est point de la gelée blanche ; nous jugeons, sans qu'il nous le dise, qu'il dormait, qu'il s'est éveillé et qu'il est d'abord dans ce premier instant du réveil où les idées sont confuses. Il pense aussitôt à la gelée blanche, c'est-à-dire au point du jour, à l'heure où l'on se met en route. N'est-ce pas la première pensée d'un voyageur qui se réveille ? 

« Il a levé la tête ; il aperçoit la lune, il la contemple ; puis il baisse la tête et pense à son pays. C'était bien un voyageur ou un exilé. Ce dernier mot ne laisse plus de doute. En voyant cette brillante lumière, il a songé naturellement qu'elle éclairait aussi des lieux qui lui sont chers, il regrette avec amertume de passer une nuit si belle loin de chez lui. 

« Le poète nous a fait suivre jusqu'ici la marche de ses pensées par une route si droite que nous n'avons pu nous en écarter. En terminant par ces seuls mots : Je pense à mon pays, il laisse chacun imaginer les pensées tristes qui l'assailleraient lui-même s'il était absent, et après avoir lu sa pièce, chacun se prend à rêver. »

 Le texte en Chinois (lire de haut en bas et de droite à gauche) 

 

 mimi, qui de temps en temps pense à son pays, loin là-bas…

 

 

 

Publié dans Culture

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jean guillemin 21/05/2007 10:30

j'aime cette philo,certes je pense a ton pays d'adoption mais je pense surtout à toi fiston (mimi puisque tu sembles adopter ce diminutif ).
les philosophes appellent cette approche la résilience.
bonnes pensées positives et gardes le cap vers cette philosophie